Annoncé jeudi dernier, un partenariat-évènement entre Grasshopper, Shinji Mikami, Q Entertainment et Electronic Arts révèle le créateur de Killer 7 et de No More Heroes prêt à développer son premier blockbuster – et, peut-être, à faire quelques compromis.
On ne présente bien sûr plus Goichi Suda, fondateur du studio Grasshopper Manufacture, et Shinji Mikami. Le premier est l'auteur du culte No More Heroes ; le second est reconnu comme le père de la série Resident Evil et officie désormais au sein de la dream team japonaise Platinum Games (les futurs MadWorld et Bayonetta). Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble il y a plusieurs années sur Killer 7 (en tant que réalisateur et producteur respectivement) et semblent depuis avoir gardé de très bons contacts. Plus surprenante, en revanche, est l'inclusion d'un éditeur occidental au sein du deal, à plus forte raison Electronic Arts, décidément en pleine renaissance artistique. Interviewés par le magazine Kotaku, Suda et Mikami révèlent cependant que le choix du partenaire a entre autres été dicté par une volonté de promouvoir les travaux des designers japonais sur la scène jeu vidéo globale, tâche à priori beaucoup plus simple lorsque l'on dispose du muscle marketing du numéro deux mondial. EA confirme par ailleurs que le titre en cours de développement chez Grasshopper est "avant tout conçu pour l'Amérique du Nord et l'Europe".
Plus important, peut-être, c'est apparemment la flexibilité proposée par le programme EA Partners – auquel des studios tels que Valve (Orange Box), Harmonix/MTV Games (Rock Band) ou id Software (le futur Rage) ont déjà souscrit – qui a également séduit les créateurs nippons. Créée en 2003, la division prête son expertise (financière, marketing…) et son réseau de distribution en échange d'un pourcentage des recettes, tout en laissant aux studios une certaine indépendance créative si l'on en croit Epic Games (qui a lui aussi signé avec EA Partners en même temps que Grasshopper). "Ils nous fournissent ce dont nous avons besoin, selon une liste préétablie, a déclaré à ce propos Mike Capps, PDG du studio, chez Gamasutra. Si vous n'avez pas besoin d'aide concernant la conception de votre jeu, ils retirent ça de la liste et ne s'en soucient plus. Je veux dire, ils travaillent avec Valve. Ces gens-là font des jeux fantastiques. Nous ne voudrions pas de quelqu'un qui aurait l'intention de nous apprendre à éclairer une scène 3D". Même si Grasshopper bénéficiera à priori du fameux director's cut, donc, Suda et Mikami suggèrent cependant qu'Electronic Arts jouera un rôle de consultant sur le projet – et celui-ci aurait apparemment déjà dit non sur des "choses mineures". "Si Suda ne fait que ce qu'il a envie de faire, il risque de larguer les joueurs, explique Mikami chez 1Up. Mais avec leur expérience marketing, EA sait ce que les gens attendent d'un jeu vidéo, et nous combinons cette connaissance du marché avec la créativité [de Suda] pour concevoir un meilleur jeu".
Star du jeu vidéo underground, se décrivant lui-même comme un designer punk, Goichi Suda semble donc prêt à quelques compromis pour, peut-être, goûter à un succès populaire mérité. Le titre en question, cependant, reste encore entouré de mystère. Pour le moment, celui-ci est uniquement décrit comme un jeu "d'action/horreur" développé pour PC, Xbox 360, Playstation 3 ainsi que, plus surprenant, pour Wii, avec l'aide de Q Entertainment (le studio de Tetsuya Mizuguchi, créateur de Lumines et d'Every Extend Extra). Seuls indices : interrogé à propos d'influences potentielles, Suda mentionne Rookies, une série télévisée, et Crows Zero, un film du réalisateur Takashi Miike (également cité dans No More Heroes), tous deux plaçant l'action dans des lycées japonais. "Rookies est plutôt un drame, mais l'atmosphère m'a séduit et j'en fais désormais usage," confirme-t-il.
[Image de une : No More Heroes]
Plus important, peut-être, c'est apparemment la flexibilité proposée par le programme EA Partners – auquel des studios tels que Valve (Orange Box), Harmonix/MTV Games (Rock Band) ou id Software (le futur Rage) ont déjà souscrit – qui a également séduit les créateurs nippons. Créée en 2003, la division prête son expertise (financière, marketing…) et son réseau de distribution en échange d'un pourcentage des recettes, tout en laissant aux studios une certaine indépendance créative si l'on en croit Epic Games (qui a lui aussi signé avec EA Partners en même temps que Grasshopper). "Ils nous fournissent ce dont nous avons besoin, selon une liste préétablie, a déclaré à ce propos Mike Capps, PDG du studio, chez Gamasutra. Si vous n'avez pas besoin d'aide concernant la conception de votre jeu, ils retirent ça de la liste et ne s'en soucient plus. Je veux dire, ils travaillent avec Valve. Ces gens-là font des jeux fantastiques. Nous ne voudrions pas de quelqu'un qui aurait l'intention de nous apprendre à éclairer une scène 3D". Même si Grasshopper bénéficiera à priori du fameux director's cut, donc, Suda et Mikami suggèrent cependant qu'Electronic Arts jouera un rôle de consultant sur le projet – et celui-ci aurait apparemment déjà dit non sur des "choses mineures". "Si Suda ne fait que ce qu'il a envie de faire, il risque de larguer les joueurs, explique Mikami chez 1Up. Mais avec leur expérience marketing, EA sait ce que les gens attendent d'un jeu vidéo, et nous combinons cette connaissance du marché avec la créativité [de Suda] pour concevoir un meilleur jeu".
Star du jeu vidéo underground, se décrivant lui-même comme un designer punk, Goichi Suda semble donc prêt à quelques compromis pour, peut-être, goûter à un succès populaire mérité. Le titre en question, cependant, reste encore entouré de mystère. Pour le moment, celui-ci est uniquement décrit comme un jeu "d'action/horreur" développé pour PC, Xbox 360, Playstation 3 ainsi que, plus surprenant, pour Wii, avec l'aide de Q Entertainment (le studio de Tetsuya Mizuguchi, créateur de Lumines et d'Every Extend Extra). Seuls indices : interrogé à propos d'influences potentielles, Suda mentionne Rookies, une série télévisée, et Crows Zero, un film du réalisateur Takashi Miike (également cité dans No More Heroes), tous deux plaçant l'action dans des lycées japonais. "Rookies est plutôt un drame, mais l'atmosphère m'a séduit et j'en fais désormais usage," confirme-t-il.
[Image de une : No More Heroes]
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